HISTOIRE

Mé 67 ! Guadeloupe un massacre oublié

Mé 67 ! Guadeloupe un massacre oublié

Le 24 mai à Pointe-à-Pitre, les ouvriers du bâtiment se mettent en grève, réclamant le aiment des heures supplémentaires et des conditions de travail décentes.

Brizard, président des entrepreneurs du bâtiement déclare : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront bien le travail. »

Le matin du 26 mai, les forces de l’ordre lancent grenades lacrymogènes et chargent la foule à coup de matraques et à coups de crosses . Plusieurs  manifestants se défendent en lançant des pierres et conques de lambi (coquillages). Très vite, sur ordre du préfet Bolotte, les CRS appuyés par l’armée ouvrent le feu dans l’après-midi sur la foule.  3 guadeloupéens sont sauvagement abattus, dont Jacques Nestor un dirigeant syndical et militant du GONG.  L’annonce de ces exécutions sommaires déclenchent la colère des manifestants et un mouvement de résistance populaire s’organise, les bâtiments représentatifs du pouvoir sont attaqués.

Dès lors, les forces l’orde ont comme consigne de « nettoyer la ville ». La répression se transforme en une véritable boucherie. La gendarmerie et les CRS tirent à la mitrailleuse sur la foule.

87 morts sont officiellement reconnus (en 1985 seulement) mais certains parlent de près de 200 morts.

Le 30 mai, face à cette horreur, le patronat accordera une augmentation de 25 % des salaires aux ouvriers qui n’en demandaient que 2 %.

S’ensuivra une persécution judiciaire contre les « agitateurs et instigateurs » : arrestation d’une centaine de Guadeloupéens et condamnation  d’une dizaine d’entre eux. C’est la justice à l’envers !

Les responsables de ce massacre n’ont jamais été inquiétés. De nombreuses organisations demandent justice et réparation.

Angela Magnatta

 

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